La découverte de ce challenge s’est faite par l’intermédiaire de M. Damian Raess. Nous avons eu l’opportunité d’assister à une conférence de l’association de l’AFOIT dans le cadre du module consacré au Commerce et droits des travailleurs dans les pays en développement de son cours Économie politique des relations économiques internationales.
Suite à cela, nous avons discuté plus amplement, en gardant à l’esprit qu’il s’agissait d’une excellente occasion d’exploiter nos connaissances et nos compétences académiques. C’était une belle manière de faire juger notre travail sur un sujet d’actualité : les conditions de travail. Notre participation à l’événement s’est alors décidée très vite.
Par ailleurs, c’était la première fois qu’une équipe représentait l’Université Laval à cet événement. Il n’y avait jusqu’alors pas d’université francophone nord-américaine participante. Cela nous a d’autant plus motivés à participer. Lui faire honneur était un défi que nous souhaitions relever, comme remerciement de tous les bienfaits qu’elle nous a apporté au cours de notre scolarité.
Naturellement, nous avons formé un groupe tous les trois. Nous avions déjà travaillé ensemble par le passé, et cela s’était très bien déroulé, notamment grâce à une atmosphère détendue, bienveillante et ouverte d’esprit. Le thème que nous allions aborder restait à déterminer. En tant que grande féministe, les conditions du travail du sexe m’ont tout de suite interpellé, j’ai donc soumis cette idée à Olivier et Vanessa. Suite à de longues discussions, interrogations, et recherches, nous avons décidé de conserver ce sujet, sur lequel il y a tant à dire. Pour tous les trois, travailler sur ce sujet a été un grand plaisir. Les nombreux enjeux, économiques, juridiques, sanitaires et éthiques, nous ont fourni une belle matière à réflexion, mais surtout un véritable sentiment d’implication dans l’évolution des conditions des travailleurs du sexe.
Nous avons rendu l’article courant février, pour des résultats en mars. Vanessa s’est alors rendue à Genève, au siège social de l’Organisation International du Travail afin de représenter notre travail et d’assister aux résultats. À notre grande surprise, nous avons été lauréats du 3e prix, apportant avec lui un engouement général de la salle. Vanessa a remarquablement représenté notre travail ainsi que l’Université Laval, lors de son intervention. Elle nous a raconté que notre sujet, ainsi que l’implication d’une université nord-américaine au challenge, avait réellement éveillé l’intérêt et la sollicitude des personnes présentes. Sa présence à Genève est en partie due au soutien de la Chaire de recherche Couche-Tard, qui a offert une bourse ainsi que la prise en charge des frais de l’inscription institutionnelle permettant notre participation. Nous tenions donc à remercier la Chaire pour son soutien.
Résumé de notre travail écrit
Ce travail de recherche analyse le travail du sexe à travers le prisme des droits humains, de la santé publique et des cadres internationaux. Il met en évidence la vulnérabilité accrue des travailleurs du sexe, notamment en raison des risques sanitaires élevés, comme l’exposition au VIH, ainsi que des obstacles importants à l’accès aux soins de santé et à la protection juridique. La criminalisation persistante de cette activité dans de nombreux pays contribue à renforcer la stigmatisation, les discriminations et les violences, tout en limitant l’accès aux services essentiels.
L’article souligne également que les travailleurs du sexe doivent être reconnus comme des sujets de droits humains à part entière. Malgré l’existence de normes internationales affirmant l’universalité des droits fondamentaux, un écart important persiste entre ces principes et leur mise en œuvre concrète. Les politiques répressives et les représentations sociales négatives continuent de freiner la reconnaissance de leurs droits et leur accès à des conditions de vie dignes.
Enfin, l’analyse met en lumière les limites structurelles de l’organisation internationale du travail (OIT) dans la reconnaissance du travail du sexe. Son modèle de gouvernance, ses cadres normatifs et la dépendance aux États membres restreignent sa capacité d’action. Ainsi, la reconnaissance du travail du sexe apparaît comme un enjeu central pour repenser l’universalité des droits humains dans la gouvernance mondiale du travail.
De Sigrid de Medwecki, étudiante à la maîtrise, ESEI, Université Laval
Vanessa Trottier-Michaud, étudiante de première année à la maîtrise en études internationales à l’Université Laval, j’ai auparavant obtenu un baccalauréat en développement durable. J’aspire à travailler comme diplomate au sein du gouvernement canadien ou à m’engager dans des projets de développement international auprès des pays et des populations dans le besoin.
Olivier Simard, étudiant à la maîtrise en Sécurité Internationale à l'École Supérieure d'Études Internationales. Diplômé en science politique, je poursuis la maîtrise pour me spécialiser dans les questions entourant les relations sino-canadiennes. Je désire participer à l'épanouissement de notre grand pays auprès de son homologue chinois, à travers la diplomatie officielle ou informelle.
Sigrid de Medwecki, étudiante en deuxième année à la maîtrise en Développement International à l'Université Laval, j'ai obtenu auparavant une Licence en Science Politique, en France. Je souhaiterai travailler dans la diplomatie ou bien me spécialiser dans le secteur de l'art et de la culture afin d'œuvrer à leur rayonnement international.